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Le système fourrager, clé de voûte de l’élevage allaitant

Au cours des portes ouvertes des réseaux d’élevage, la Chambre d’agriculture présente des fermes viables, vivables et pérennes. C’est le cas du GAEC du Limousin à Laix qui a accueilli une trentaine d’agriculteurs lorrains, belges et luxembourgeois le 23 novembre dernier.

Le GAEC du Limousin à Laix est suivi par la Chambre d’agriculture depuis une quinzaine d’années dans le cadre des réseaux d’élevage. A la tête du GAEC, Daniel et Jean-Marc CHENUT, ont ouvert leurs portes à une trentaine d’agriculteurs lorrains et frontaliers fin novembre. Ils exploitent  200 hectares. « Au début, notre père trayait les vaches. Il a arrêté le lait et est allé chercher des vaches limousines dans le berceau. Aujourd’hui, il y a 130 mères. », explique Jean-Marc.  « Nous avons augmenté notre surface par pallier pour arriver à 200 hectares aujourd’hui. »  60 % de la surface de l’exploitation est en herbe, 110 hectares en prairies permanentes et 11 hectares en prairies temporaires. « Une exploitation sur 121 ha d’herbe pour 130 vaches allaitantes, le système est dit intensif. », affirme Florian BOYER, conseiller viande à la Chambre d’agriculture. «Au GAEC du Limousin comme dans tous les élevages allaitants, la clé de voûte est le système fourrager.» Les rations sont simples « Du foin ou de l’enrubanné, toujours le plus précoce possible. Pas de maïs. », décrit Jean-Marc. 80% de la ration est sous forme d’enrubanné. Seules les primipares reçoivent une complémentation « modeste ». Avec seulement de l’herbe, le système est performant car les éleveurs atteignent 456 kg de carcasse  en moyenne pour les vaches et  435 kg pour les génisses.

Réduire les risques d’acidose

De l’épeautre est distribué aux veaux.  L’intérêt de l’épeautre en alimentation du troupeau allaitant tient en fait aux enveloppes du grain qui excitent les villosités du rumen et à une cellulose propice à la digestion. Il est donc donné entier aux animaux, sans avoir besoin de l’aplatir. « L’épeautre participe à la sécurisation d’une ration d’engraissement, en réduisant le risque d’acidose. », affirme Florian BOYER.  130 vaches et génisses sont mises à la reproduction chaque année. 115 à 120 vêlages sont réalisés. « Toutes nos vaches et génisses sont sous label. On est classé à 90% U. », explique Jean-Marc. Après huit années d’insémination artificielle sans corne, plus de 60% des femelles sont sans corne, « une contrainte en moins » pour les deux éleveurs. « Il est relativement rare de trouver des troupeaux allaitants 100% insémination artificielle en Meurthe-et-Moselle. La combinaison insémination artificielle / monte naturelle est plus commune. », constate Florian Boyer.

Concentration des vêlages sur 3 mois

Les vêlages sont concentrés sur les mois de septembre, octobre et novembre. « Avec des lots aussi concentrés, on vaccine systématiquement les veaux pour ne pas risquer de les perdre. », explique Jean-Marc. Toutes les femelles sont élevées sur l’exploitation pour la reproduction. « Au premier vêlage, il y a un gros tri pour pouvoir sélectionner en fonction des carcasses. », décrit Jean-Marc. La production brute de viande au GAEC du Limousin est de  282 kg/UBG pour une référence limousin de 260 kg/UGB. Le coût opérationnel est de 1.02 €/kg de viande  contre 0.90 €/kg de viande de référence. « Un coût plus élevé que d’habitude lié à la complémentation exceptionnelle mise en place en 2016 pour compenser la très mauvaise qualité des fourrages récoltés. », explique Florian Boyer. « Pas de résultats économiques sans une bonne gestion de la reproduction : un renouvellement régulier, une alimentation bien gérée et l’échographie comme outil de validation d’une bonne gestation. », résume le conseiller.

Côté chiffres, l’exploitation réalise 290 000 € de produit. Les charges proportionnelles s’élèvent à 92 000 €, les charges de structure à 90 400 €. Il en résulte un EBE de 117 000 €. Une partie est affectée au remboursement des annuités de 60 000 €. «Comme les exploitations de polycultures-viande du département, le  GAEC du Limousin voit son EBE se réduire. Mais grâce à ses performances sur le troupeau et sa grande maîtrise des charges, c est une exploitation qui résiste à la conjoncture. La stabilité économique est assurée par l’élevage. », conclut Florian BOYER.

Virginie GRAND
Chambre d’agriculture 54