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Regards sur les états généraux de l’alimentation

La Chambre d’agriculture de Meurthe-et-Moselle a tenu sa dernière session de l’année le 27 novembre dans les locaux de Végafruits à Saint Nicolas de Port. Un site justifié par le sujet principal de la session : les Etats Généraux de l’Alimentation.

La session de la Chambre d’agriculture de Meurthe-et-Moselle s’est réunie le 27 novembre à Saint Nicolas de Port dans les locaux de Végafruits,. A l’ordre du jour : les états généraux de l’alimentation. Pour débattre sur ce sujet, Gérard Renouard, président de la Chambre d’agriculture avait réuni autour d’une table ronde Claude Cochonneau - Président de l’APCA, Antoine Henrion - président de Terres Univia, Luc Barbier – président de Végafruits et de la FDSEA 54 et Cyril Besnard de la société SIEBERT, spécialiste alsacien de l’abattage de volailles. Les États généraux de l'alimentation – EGA - ont été lancés le 20 juillet 2017. Les travaux de dialogue, de réflexion et de prospective qui y sont menés s’articulent autour de deux chantiers et d’une consultation publique en ligne et dans les territoires. Le premier chantier, décliné en 8 ateliers, porte sur la création et de la répartition de la valeur. L’autre chantier, subdivisé en 6 ateliers, porte sur une alimentation saine, sûre, durable et accessible à tous.

Plan de transition de l’agriculture

Pour Claude Cochonneau, « les EGA sont une plutôt une bonne idée car nous sommes un grand pays producteur de qualité. Nous avons besoin  d’un plan de transition de l’agriculture pour permettre à l’agriculture de s’adapter à son environnement, de réaliser des investissements dédiés aux transitions technologiques, de mode de production vers des pratiques multi performantes, aux transitions pour atteindre de nouveaux débouchés alimentaires et non alimentaires. » Autre sujet relayé par les Chambres d’agriculture dans la charte d’engagement qui constitue un premier engagement avant la loi à venir annoncée par le Président de la République : la régulation des promotions sur les produits alimentaires. « A l’image du black Friday, on se demande quel est le sens de la promotion ? » questionne le Président de l’APCA. « La promotion coupe le consommateur de la valeur et du sens du produit. » Autre proposition « made in APCA » : la création d’un fonds de communication. «  Il y a une vraie nécessité de communiquer sur notre métier. On pourrait obliger tous ceux qui communiquent sur des produits agricoles à réserver un pourcentage de leur budget de communication à l’alimentation de ce fonds. Ce dernier servirait à communiquer sur le métier. », propose Claude Cochonneau. Un besoin de communication partagé par Cyril Besnard de la société SIEBERT. L’entreprise familiale d’abattage de volailles, avec à sa tête le couple Siebert, pèse 65 millions d’euros de chiffre d’affaire. Cyril Besnard se demande « Pourquoi faire une loi pour du bon sens ?  Si chaque consommateur achetait de la volaille de sa région, il n’y aurait pas besoin de légiférer. » L’industriel qui réalise 40 % de son chiffre d’affaires grâce  aux moyennes et grandes surfaces constatent que certaines enseignes « jouent parfaitement le jeu du local ». Une difficulté subsiste : faire rencontrer l’acheteur et le producteur. « C’est ce qu’on attend des états généraux. Il faut créer des passerelles solides et pérennes entre chaque acteur pour que le consommateur s’y retrouve. », affirme Cyril Besnard.

Inverser la construction du prix

Luc Barbier  a participé à l’atelier 7 des EGA intitulé « Améliorer les relations commerciales et contractuelles entre les producteurs, les transformateurs et les distributeurs ». Pour Luc Barbier, « Il faut inverser la construction du prix. Il faut partir de la production pour aller vers une contractualisation montante vers le client. C’est dans le cadre de l’interprofession que doivent s’établir les indicateurs de prix. »


 


Végafruits, des projets qui portent leurs fruits

Installée à Saint-Nicolas-de-Port, la société Végafruit est le bureau commercial unique de l'union de 3 coopératives fruitières (Jardin de Lorraine, Vergers de Lorraine et Côteaux Lorrains). Au début des années 90, alors que les différentes coopératives lorraines sont encore concurrentes, un gel, puis une surproduction de fruits perturbe le marrché des fruits de bouche. Les trois coopératives ont alors décidé de mutualiser leur force de vente pour commercialiser leur production. Depuis, Végafruits a intégré d’autres sociétés et développé de nouveaux produits comme les mirabelles surgelées ou encore les compotes à boire. Son chiffre d’affaires s’élève aujourd’hui à 12 millions d’euros. « On est passé de vendeur à quai à industriel. Végafruits, c’est 11 salariés à temps complet et on monte jusqu’à 350 personnes sur août/septembre. », décrit Luc Barbier, le président. 2017 a été marqué par l’achat de Clair de Lorraine (12 – 13 millions de chiffre d’affaires et 80 salariés permanents). Au cours de ces 4 dernières années, le groupe Végafruits a investi 6 millions d’euros dans l’outil de production – hors achat de Clair de Lorraine. « En parallèle, nous avons doublé la valeur renvoyée aux adhérents de Végafruits. », précise Luc Barbier. De nouvelles idées fourmillent dans la tête des dirigeants de la société comme la Consommation Hors Domicile.

 


Le réseau des Chambres d’agriculture

Présentes au niveau départemental, régional et national avec 103 établissements, les Chambres d'agriculture sont constituées de 4 200 élus et emploient plus de 8 000 personnes, dont 6500 ingénieurs. « une boîte de matière grise », commente Claude Cochonneau, Président de l’échelon national : l’APCA – assemblée permanente des Chambres d’agriculture et Président de la Chambre régionale d’agriculture des Pays de Loire. Agriculteur, Claude Cochonneau, exploite 75 ha de terres en polyculture, avec un élevage porcin et une production de vin AOC coteaux du Loir dans le Sud Sarthe. La moitié de son exploitation est en agriculture biologique. Le Président de l’APCA a rappelé à la session que la loi Notre a impulsé une démarche de travail en réseau régional. « Le décret nous a obligé à régionaliser nos fonctions supports [informatique, finance, ressources humaines]. Mais nous devons aller au-delà, toujours dans l’esprit d’apporter le meilleur service aux agriculteurs au meilleur tarif. »

 

 


Un budget 2018 déficitaire

Richard Cherrier, directeur adjoint de la Chambre d’agriculture a présenté un budget prévisionnel déficitaire de 256 890 €. Les charges, essentiellement constituées de charges de personnel, s’élèvent à 5 580 024 euros, tandis que les produits sont de 5 323 134 €. L’augmentation des charges en 2018 par rapport à 2017 s’expliquent par l’augmentation des cotisations versées à la CRAGE et la neutralisation des derniers centimes forestiers.

 


Gens du voyage

Denis Piard, vice-président de la Chambre d’agriculture, constate que les territoires du Grand Nancy, de Sel et Vermois et du Grand Couronné ne répondent pas aux conditions d’accueil des gens du voyage définies par la loi Besson de 1991, notamment pour les grands rassemblements. Des terrains privés ont été proposés par la profession, mais il n’y a pas eu de suites données par l’Etat. « Des parcelles ont été investies par les gens du voyage, impactant la récolte en herbe. », explique Denis Piard. Le préfet Philippe Mahé a répondu qu’il allait étudier de nouvelles propositions de terrains.